La chromolithographie est le terme choisi par le lithographe
Godefroy Engelmann pour désigner son procédé d'impression lithographique en
couleurs, fondé sur la quadrichromie. Cette technique est à l'origine du procédé d'impression
offset. Engelman avait d'abord proposé le terme de lithocolore, et l'abandonna
ensuite.
Au cours du XIXe siècle, la chromolithographie se développa
et se perfectionna, touchant tous les domaines, dont celui du commerce avec
toutes les formes de publicité: affiches, cartes commerciales, catalogues,
calendriers, images de pain d'épices, ou autres images à collectionner. Outre
l'imagerie populaire, et les images religieuses, morales et patriotiques,
largement diffusées par le colportage, se développa l'édition de livres
illustrés pour les enfants, de jeux, d'images à découper et à assembler, de
cartes géographiques pour les écoles, ainsi que de reproductions d'œuvres d'art,
telles l'Angélus de Millet, qui encadrées, ornaient les intérieurs populaires
et bourgeois, ou encore de vues « souvenirs » de sites touristiques, à partir
de photographies en noir et blanc remises en couleurs.
L'abondance de la production chromolithographique conduisit
à considérer avec un certain mépris les images qu'on appela chromos, volontiers
accompagnées des adjectifs plutôt péjoratifs pompiers et saint-sulpiciens.
C'est oublier que les grands artistes de l'affiche, depuis Chéret, et
Toulouse-Lautrec, ont utilisé la chromolithographie.
Ces supports publicitaires qui étaient fabriquées en série, voyaient la marque apposée dans un deuxième temps. C'est ainsi qu'on trouve les mêmes modèles avec des noms différents. Cette impression secondaire est malheureusement d'une typographie basique, avec un lettrage qui ne correspondait pas au travail de l'illustrateur.